vendredi, 23 février 2007
On casse la politique avec Régis Debray
Alors là, on ne fait pas mieux !!!
La "Coupe de l'Elysée", article du Monde signé ce jour par Régis Debray est un long dénigrement de la campagne
électorale ambiante, qui stigmatise les "pros de la politique", qui exercent un métier comme des fonctionnaires -dans le mauvais sens du terme - ou plutôt qui mènent leur carrière comme un long fleuve tranquille.
Régis Debray lui-même a été un compagnon de Che Guevara. Tout le monde ne peut pas en dire autant.
Quelques extraits croustillants de cet article du monde :
"Ce n'est pas un sort enviable que de monter à 23 ans dans une voiture avec chauffeur pour n'en plus sortir. L'ENA, le stage en préfecture. Puis droit sur l'Elysée. Parachutage dans une bonne circonscription. Là, on laboure un minimum. Le blanc au zinc, le marché le dimanche. Puis l'Assemblée, un petit ministère, et sitôt après le fauteuil en région ou en département. Ces états de service bien enchaînés font assurément une carrière (gauche ou droite), rarement un caractère."
A propos de l'élection présidentielle :
"Faut-il dramatiser ? Vu ce qu'il reste en France de pouvoir au pouvoir politique et en Europe de marge de manoeuvre à la France, peut-être pas. Un ballet de papillons dans la cour de l'Elysée ne déclenchera pas un cyclone."
Précisons pour finir que Régis Debray votera ... Ségolène Royal. Il n'a pas peur de le dire : il n'est ni journaliste, ni poule d'homme politique...
08:10 Publié dans Autodéfense intellectuelle | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : politique, régis debray, le Monde, 23 février 2007








Commentaires
Lui, au moins, on peut dire que c'est un intellectuel de gauche. Quelqu'un qui ne s'est pas renié. J'aime bien son tacle aux "intellectuels médiatiques". ("Aussi sont-ils sûrs d'avoir recruté la philosophie avec André Glucksmann ou Bernard-Henri Lévy et la littérature avec Christine Angot ou Jean d'Ormesson.")
A mon avis, un de ces "intellectuels" va lui répondre...
Ecrit par : Eric | vendredi, 23 février 2007
Merci de m'avoir permis de découvrir cet article passionnant.
J'ai toujours trouvé désespérant le choix du président et des gouvernants entre plusieurs personnes issues des mêmes écoles, avec la même formation, le même parcours, et forcement les mêmes idées (s'il y en a). Il serait difficile, à partir de ce point de vu, d'espérer un changement quelconque dans la vie politique(et par raccourci la notre...), quelque soit notre vote. De là, à dire que la démocratie à disparu au profil des faux semblants, il n'y a qu'un pas, que je n'ose franchir pour garder un minimum d'espoir utopique. Il s'avère cependant que la bourgeoisie se soit parfaitement acquitté du rôle des nobles d'antan.
Je rajouterais pour finir cette partie de l'article de Régis Debray : "Troublant, en définitive, est le glissement à droite du personnel politique en son entier. Le socialisme d'étiquette ? Bientôt, un parti démocrate à l'américaine. La queue de comète gaulliste ? Déjà un parti libéral comme il faut. Il est dommage que la gauche de gauche, celle qui ne se contenterait pas de citer Jean Jaurès, Léon Blum ou Pierre Mendès France mais rappellerait ce qu'ils ont dit et écrit, n'ait pu se donner un candidat unique. Mais face à cette dérive des continents, et si un exorcisme peut redresser la barre, pourquoi ne pas soutenir au premier tour une candidature "antilibérale et populaire" (pour autant que l'ombre de l'extrême droite ne grandisse pas d'ici là) ?"
Pour ma part, il y a longtemps que je ne considère plus le partie socialiste comme étant de gauche, mais comme un partie démocrate. Sa vision dans son ensemble est libérale...
Ecrit par : Arnaud | lundi, 26 février 2007
bien vu, bien senti... quelle odeur bientôt ?
Ecrit par : malaurie | samedi, 17 mars 2007
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